Good bye New York, on rentre... Imprimer
Écrit par Josée   
Mercredi, 09 Juin 2010 11:36

ffBonjour à tous,

Il est 7 heures a.m. et cela fait maintenant une heure que nous avons quitté notre mouillage de la 79e rue. Nous remonterons doucement la rivière Hudson afin de nous rendre à la maison par le lac Champlain.

 

 

Depuis une heure que je réfléchis, car au moteur on n'a pas grand-chose à faire et les mousses font encore dodo, et que j’essaie de mettre des mots sur les émotions que je ressens. Que suis-je en train de vivre ? Avons-nous vécu dans un rêve depuis un an, coupé de toute réalité ? Avons-nous vécu tous les jours comme si nous étions samedi ? Et je pourrais continuer longtemps sur ce questionnement.

Mais plutôt, je m’efforce de faire un bilan et de faire un peu de ménage dans ma tête et dans mon cœur afin de poursuivre cette aventure mais d’une toute autre façon. Quoi qu’on puisse penser, ce n’est pas le fait d’avoir voyagé en voilier dont il faut parler ici, mais bien du fait qu’une famille a pris une année de son temps, on sait que le temps en 2010 est précieux, pour simplement se retrouver et même parfois se trouver.

Ceux qui sont restés, ceux qui ne sont pas partis, ceux qui nous ont espéré pendant un an ont eux probablement trouvé cela difficile par moment, mais nous, nous avions développé notre vie à partir de rien et de tout à la fois. Notre microcosme nous a amplement satisfait et nous avions la liberté de nous introduire ou non dans la société, la culture et la vie des autres.

Maintenant, comment conserver tous ces aspects tout en étant de retour ? Je crois qu’il sera difficile de trouver un équilibre, mais cela aussi fait partie de l’aventure. On a beau aimer être samedi tous les jours mais quand on est sédentaire avec des obligations c’est plus difficile. C’est là où on verra l’art et la beauté de notre capacité d’adaptation, la force et la volonté de respecter nos besoins.

Le travail d’une vie d’homme n’est-il pas de trouver le bonheur et de travailler à le conserver ? Je crois que cette année de pause nous aura permis d’évaluer nos besoins, de nous rendre compte de nos priorités, d’imaginer et de mettre en place des moyens pour conserver ce privilège d’être bien. Bien sûr, il faudra faire des compromis et nous en sommes bien conscients, mais de conserver un certain équilibre est devenu maintenant une priorité.

….

Alain est à la barre et me demande comment va mon texte sur New York. Je me rends compte que je n’ai en fait rien écrit sur cette ville mais plutôt sur mes réflexions et je lui en fait part. Vous connaissez Alain, il est debout à SA barre et me lance une après l’autre des niaiseries soit qu’il a lu ou bien qu’on a dites cette année.

- « Je vous est déjà dit que la température aux Canaries était idéale ? » oui, des centaines de fois Alain. Présentement il fait à peu près 17 degrés
- « L’aventure débute lorsque vous larguez les amarres et surtout, ne la chercher pas, c’est elle qui vous trouvera » lu dans un certain guide écrit par un auteur québécois et il nous la sort souvent à la blague.
- « Le voyage n’est pas encore terminé, il nous reste Mechanicville à visiter… »

J’adore son humour, il me fait toujours rire.

Les enfants ne se peuvent plus, ils ont hâte d’arriver. C’est beau de voir la capacité qu’ils ont de vivre le moment présent et d’imaginer le futur. Ils ne sont pas comme les adultes qui eux, analysent, évaluent et doivent prendre des décisions importantes. D’ailleurs, Justin m’a fait une réflexion hier à ce sujet. «  Tu sais maman, je croyais que d’avoir des responsabilités quand on vieillissait était plus rigolo que ça mais je me rends compte que c’est plate ». Il essuie maintenant la vaisselle du souper avec sa sœur et a compris que cela lui laissait moins de temps pour jouer.

Ils ont déjà commandé la maison qu’ils voulaient, décris les nouveaux vélos, les cours qu’ils veulent suivre … et ensuite se replacent dans le moment présent. Ils sont un peu jeunes pour mesurer toute l’importance d’un voyage tel que nous l’avons vécu, mais je suis assurée qu’ils ont intégrés un tas de choses dont ils n’ont même pas connaissance et que c’est en les regardant évoluer dans la prochaine année qu’on verra. I hope…

Voilà, je me sens un peu moins mélangée…

Oups… Molly vient de sortir de sa cabine et nous ramène vite vite vite vite à la réalité :

«  Moi maman, c’est quand mes yeux sont fermés que je peux dormir et quand mes yeux sont ouverts, je n’arrive plus à me rendormir alors même si je suis réveillée je laisse mes yeux fermés comme ça je peux me rendormir. » Elle se déplace vers le rangement, ramasse son DS, la petite télé et une série de films… passe devant nous et demande « C’est quand qu’on arrive ? » tout en s’enfermant dans sa cabine pour préparer sa journée au moteur.

Bon matin ma puce. Nous n’avons même pas pu placer un mot. C’est de ça dont je parlais plus tôt. Que j’aime ce microcosme…

Je suis un peu moins mélangée, sereine dans ma tête et dans mon cœur et là on dirait que moi aussi je commence à être impatiente.

« Capitaine, c’est quand qu’on arrive, car j’ai hâte de commencer une autre nouvelle et belle aventure ? »

A+

ah oui j'oubliais... pour New York et bien c'est vraiment super, on y reviendra certainement un jour.

Josée xxx

Mis à jour ( Mercredi, 09 Juin 2010 11:53 )