Traversée St-Martin-Bermudes PDF Imprimer E-mail
Écrit par l'équipage de Jolie Brise III   
Jeudi, 13 Mai 2010 13:31

Bonjour à tous,

Après 8 jours en mer, nous voilà enfin aux Bermudes. Après avoir fait un avitaillement conséquent avant la traversée, nous avons quitté St-Martin et par le fait même dit au revoir aux Antilles… Nous avons pointé l’étrave directement sur les Bermudes tout en choisissant une route pratiquement directe.

  

 

Les deux premiers jours ont été assez intenses, 15 à 20 nœuds de vent au près. Avec un beau soleil, Jolie Brise filait assez bien. Cette allure ne nous laisse pas le choix, on s’amarine assez vite puisque la mer nous donne des vagues assez courtes et disons que la gîte est bien présente. Nous n’avons pas le choix si nous voulons aller au nord avec un vent du nord-est. Ensuite, le vent forci de 20-25 nœuds et le bateau tape dans une mer assez désordonnée. Nous avons successivement 3 ris (rapetisser la grande voile) en l’espace d’une heure. C’est particulièrement bruyant et ce n’est donc pas facile de dormir à bord. Cela est sans compter les lignes de grains que nous rencontrons. Rien de bien grave, mais c’est moins agréable que le soleil.

 

Petit à petit nous avançons vers le nord. Les vents sont progressivement passés à l’est, nous donnant ainsi une allure plus confortable. La routine des traversées est maintenant bien installée et nous sommes bien en mer. De plus, les enfants sont en feu quant à l’école.

 

L’après-midi, ils travaillent ardemment à leurs travaux scolaires en plus de la lecture. On peut même dire qu’ils ont réalisé deux semaines en une. Ils ont compris que plus on en fait en traversée quand le temps le permet, on peut se permettre d’être en congé arrivés à destination. Il faut dire que l’école à ce moment ci c’est la consolidation des choses apprises cette année.

 

 

 

 

 

À mi-chemin, le vent nous fait défaut, il est quasi inexistant. Entre 5 et 7 nœuds. Tant qu’il y en a, on décide de ne pas mettre le moteur en route. On attend le vent. De temps en temps, il augmente un peu, mais il reste faible. La météo nous annonce ces vents pour les 3-4 prochains jours. C’est donc fort simple, on est pris dans l’anticyclone des Bermudes. On s’y attendait un peu, mais pas aussi longtemps. On réussit tout de même à avancer et on se dit que tant et aussi longtemps qu’il y a du vent, même très faible, il n’était pas question de mettre le moteur.

 

L’anticyclone persiste et il est moins sûr que le vent soit de retour dans un délai raisonnable. Cependant, il nous pousse toujours à 3 ou 4 nœuds dans la bonne direction. On décide donc de ne pas utiliser le moteur pour avancer plus vite. Sachant qu’il n’y a pas de mauvais temps à l’horizon et qu’il n’y a pas de houle qui rend la vie à bord inconfortable, on ajuste les voiles au mieux et on se dit, on arrivera quand on arrivera. C’est tout. De plus, c’est la première fois (en plus de 10 000 mn) que nous avons une mer aussi calme en l’absence de vent et on se rend compte que c’est fort agréable d’autant plus qu’il fait beau et chaud. 

 

Après 8 jours en mer et seulement 15 heures de moteur, nous avons jeté l’ancre par 25 nœuds de vent dans la baie de St-George aux Bermudes. Et oui, durant notre dernière nuit en mer, le vent est revenu nous accompagner. Comme à l’habitude, les traversées nous auront apporté de magnifiques coucher de soleil, la lune a veillé sur nous un bon moment, et ce, sans compter les ciels étoilés.  Les mousses ont été des matelots exemplaires et là, on se rend compte qu’ils prennent beaucoup de maturité.

 

Deux ou trois jours sont toujours nécessaires pour reprendre la vie de terrien. Dans ce cas-ci, il faut reprendre le sommeil, car les quarts à deux grugent considérablement ce domaine. Faire le ménage et la bouffe quant on est à angle droit est toujours mieux et compléter ce qui manque ; le propane, l’eau, la nourriture et le lavage demandent du temps. Vous savez maintenant que tout ceci prend beaucoup plus de temps qu’en voiture.

 

Le 12 mai, nous avons pris l’autobus pour nous rendre dans la capitale des Bermudes ; Hamilton. Les Bermudes sont un archipel de plusieurs dizaines d’îles toutes reliées par de petits ponts. En fait, on ne se rend pas nécessairement compte qu’on change d’île, c’est comme si on changeait de quartier.

 

 

Vous décrire comment on se sent quand on se promène ici, c'est  vous dire que tout est parfait. Il n’y a pas de déchet qui traîne, pas de graffiti, toutes les maisons sont bien entretenues, le transport est excellent bref, rien ne cloche.  On a l’impression de se promener à Disney World où tout est parfait et très cher sauf qu’on n’y retrouve pas les personnages, mais des gens extrêmement sympathiques. 

 

 

Quand on s’arrête une minute et qu’on pense qu’on se trouve au milieu de l’Atlantique et que la civilisation la plus proche est à plus ou moins une semaine de voile, ce n’est pas rien. On s’imagine que les gens qui habitent ici se trouvent isolés, mais ça ne semble pas le cas, il faudra vérifier.

 

On s’est promené en autobus, on a marché et on s’est payé une bouffe au resto… tout un privilège dans notre cas, surtout aux Bermudes. Ici c’est nous les pauvres.

 

Doucement, on commence à penser au départ, le capitaine regarde sérieusement la météo et pendant ce temps on prépare la bouffe et tout le nécessaire.

 

Demain, on prendra l’autobus et le ferry pour compléter notre tour de l’archipel.

 

À bientôt

p.s. une nouvelle section de photos a été ajoutée

 

L’équipage de Jolie Brise xxx