Traversée Cap Vert - Barbade PDF Imprimer E-mail
Écrit par l'équipage de Jolie Brise III   
Lundi, 08 Février 2010 14:14

Bonjour à tous,


Voilà un bon moment que nous n’avons pas donné de nouvelle. Nous étions particulièrement occupés à changer de continent avec notre voilier. Nous avons effectué et terminé cette traversée de l’Atlantique en famille avec une grande joie et aussi avec une fierté de l’avoir réussie en famille. On peut même dire que ce fut une traversée sans histoire… Sans histoire de vagues monstrueuses, de vents de tempête, de bris important comme une voile déchirée…

 

 

 

 

 

 

Mais il ne faut tout de même pas oublier comme nous étions une famille à bord d’un espace restreint sans descendre, et ce, durant plusieurs jours. À l’intérieur, il n’y a pas non plus eu de grosses tempêtes, mais quelques petits orages. Bon, quelques petites chicanes entre les enfants, des consignes pas toujours bien suivies qui concluent à un dégât. Que dis-je, plusieurs dégâts… imaginez un bol de céréales avec du lait qui glisse sur une table penchée à 20 degrés et qui atterri sur des coussins de banquettes en tissu. Nous avons eu un parfum de surette pendant quelques jours. Bon, vous voyez le genre de petits orages. 
 

Nous avons rallié Mindelo au Cap Vert à la Barbade aux Antilles en 17 jours. Les vents ont varié de 5 à 32 nœuds, en moyenne de 10 à 25 nœuds,  en plus d’être toujours dans la bonne direction. Que dire de la température; du soleil à profusion. Dans toute cette traversée, nous avons eu une journée nuageuse et 5 minutes de pluie. Vous n’allez pas nous croire, mais on rêve d’une bonne pluie. Le bateau est plein de sel et mériterait un rinçage en profondeur à l’eau douce.


17 jours en mer, ça passe tout de même assez vite. Tout d’abord, en quittant Mindelo, nous étions fort occupés aux manœuvres de Jolie Brise III. Les vents dans le canal Sao Vicente sont souvent forts et on n’y a pas échappé. D’une quinzaine de nœuds en quittant la marina, il a ensuite forci en une trentaine de nœuds dans une mer croisée (les vagues arrivent de plusieurs directions donc, elles nous malaxent). Pas très confortable et tous les ingrédients pour le mal de mer y sont. Devinez quoi ? Josée n’est pas malade et en plus, elle peut même être à l’intérieur sans être incommodée. Après une journée de manœuvres avec des vents variables, le vent se stabilise et nous filons à bonne vitesse avec le génois tangonné (on place un long tube d’aluminium qui tient la voile bien ouverte afin qu’elle ne donne pas de gros coup à cause du vent qui varie). Nous l’avons gardé ainsi durant quatre jours. Par la suite, nous avons alterné les allures de voiles en ciseaux, grande-voile avec génois et même le spi.

 

 

 

 


Quant à la vie à bord, les enfants se sont vite appropriés une routine et ils ont même fait de l’école à presque tous les jours avec de bonnes périodes de lecture. Aussi, nous avions toujours la petite soirée cinéma où on avait prévu le coup. Nous avions gardé la série de dessins animés « Il était une fois l’homme » que j’avais moi-même bien aimé quand j’étais jeune. Ils ont adoré et souvent, ils discutaient avec nous de ce qu’ils avaient appris dans cette série.


Quant à nous, nous avions établi une routine à travers celle des enfants qui ne venait pas trop négliger la vie de famille. Le matin, Josée faisait la sieste pendant que les enfants s’occupaient à faire du bricolage ou des jeux. On dînait tous ensemble et en après-midi, j’allais faire un petit repos pendant que les enfants et Josée faisaient une période de lecture, l’école et une partie de «Toc ». On soupait ensemble et puis vers 19h00, Josée allait se coucher, les enfants faisaient leur période cinéma et moi je débutais mon quart de nuit jusqu’à 2h00 où Josée venait me relayer jusqu’à 7h30 et ensuite on prenait le petit déjeuner en famille… Pour nous ce fonctionnement était l’idéal.


Aussi il ne faut pas oublier la pêche qui cette fois-ci, a été fructueuse. Nous avons eu droit à un petit thon et à une belle dorade coryphène que nous avons dégusté avec plaisir. Justin, notre pêcheur en chef, était très content.

 

 


 


Pendant le dernier mois, nous avons été en mer durant 23 jours, ça fait un drôle de mois de janvier 2010. A-t-on manqué quelque chose de la civilisation ? On ne sait pas trop, mais on peut dire qu’on a eu le privilège de voir les plus belles nuits étoilées que l’on puisse voir. Aussi, la lune est venue nous accompagner une grande partie du voyage. Un soir, j’ai eu le plaisir de voir un des plus beaux couchers de soleil que je n’ai jamais vu. Les couleurs se diffusaient dans les nuages et juste à admirer ce spectacle suffisait à nous rendre paisibles. Comme si ce n’était pas assez, j’ai eu droit tout juste après, à un lever de pleine lune très impressionnant où la lumière qui était diffusée dans les nuages était grandiose. Je n’avais jamais eu la chance de voir la lune se lever de cette façon en mer et même à terre. Souvent, il y a des nuages ou ce n’est tout simplement pas le bon temps.


Pour le moment, nous sommes à l’ancre dans la baie de Bridgetown à la Barbade pour encore quelques jours. Ici rien n’est offert pour les plaisanciers comme nous. On a même de la difficulté à trouver de l’eau potable pour remplir nos réservoirs, il n’y a pas de marina et on accumule nos vidanges depuis le début de la traversée… Que dire des accès Internet difficiles à trouver, c’est pas toujours simple la vie de bateau. En contrepartie, l’eau est magnifique, les plages sont superbes et les enfants adorent. On en profite aussi pour marcher en ville et celle-ci est jolie avec ses nombreux marchands de fruits et légumes qui nous ont d’ailleurs été très utiles, car nous avions un grand besoin de frais.

 

 

 


Voilà, vous êtes très nombreux à nous envoyer des courriels, cela nous fait un très grand plaisir. Malheureusement pour le moment, c’est extrêmement difficile d’y donner suite. Aussitôt qu’il sera possible, nous le ferons. Comme mentionné plus haut, la vie ici est assez primitive pour nous et en ville, il n’y a pas de café Internet. Nous avons réussi à trouver une connexion Wi Fi, mais elle fonctionne très difficilement donc on préfère alimenter notre site quand c’est possible.


Ne vous inquiétez pas, nous sommes tous en forme, en santé et heureux d’être là. C’est fou comme la vie est dure avec nous.
 

Voilà, la mer turquoise et le sable blanc nous appellent… 


A+